Lutte contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain

Députée Aude LUQUET Seine et Marne Melun Modem Hemicycle à L'Assemblée Nationale
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Retour sur l'audition de M. Sylvain Grisot, urbaniste, chercheur associé de l’unité mixte de recherche « Espaces et sociétés » de l’Université de Nantes, et MM. David Miet et Benoit Le Foll, architectes urbanistes initiateurs du projet « BIMBY », sur le thème de la lutte contre l’artificialisation des sols et l’étalement urbain.

 

Retrouvez mon intervention en intégralité (seul le prononcé fait foi) :

 

"Aujourd’hui, l'artificialisation des sols progresse d'environ 8,5% par an avec l’équivalent d’un département artificialisé tous les 20 ans. C’est peu dire que l’impact sur notre environnement est important et que les enjeux sont grands. Il nous est impossible de poursuivre sur cette voie qui ne pourrait être que mortifère sur le long terme. C’est pourquoi, avec le MoDem, nous défendons depuis longtemps un objectif de zéro artificialisation nette des sols en plus de lutter contre un étalement urbain déraisonné.

 

Le combat à mener est protéiforme. Si le gouvernement a annoncé en août dernier un moratoire sur les zones commerciales en périphérie des villes qui va dans le bon sens, celles-ci ne sont pas la 1ère cause d’artificialisation des sols en France. La construction de l'habitat représente en effet les deux tiers de la consommation annuelle d’espaces naturels.

 

Nous ne pouvons pas blâmer nos concitoyens, car si une partie choisit volontairement de s’installer en périphérie des villes, une autre, non négligeable, y est poussée par les coûts du logement qui explosent en centre-ville et les contraint à s’en éloigner. Les causes sont donc multiples, tout comme les conséquences.

 

Multiplier les zones résidentielles, c’est peser toujours un peu plus sur la biodiversité qui nous entoure mais c’est aussi encourager un modèle qui nous rend dépendant à la voiture pour faire face aux déserts de services et de mobilités engendrés par l’étalement urbain.

 

Il nous faut sortir de ce cercle vicieux en pensant dès maintenant la ville demain car les décisions que nous prenons aujourd’hui auront un impact sur le très long terme. Vous dites d’ailleurs, M. Grisot, qu’il ne s’agit plus de travailler sur la ville de 2030 qui est « déjà conçue », mais sur celle de 2050 que vous appelez « ville frugale ». Vous appelez notamment à densifier les villes avec des logements plus petits.

 

Or on le ressent plus que jamais dans cette période post-confinement, nos concitoyens ont un désir de grands espaces avec la volonté de retrouver le calme d’une maison individuelle avec jardin.

Comment concilier ce besoin d’espace avec cette ville frugale que vous prônez ? Sommes-nous condamnés à vivre dans des tours ?

 

Au-delà de cette densification, vous appelez à une optimisation de l’existant en prévoyant des usages multiples pour les bâtiments. C’est ici une piste intéressante car les marges de manœuvre sont conséquentes. Il nous faut absolument travailler sur la plasticité des lieux. Vous prenez l’exemple d’un restaurant universitaire qui ferme à 14h30 pour laisser place à un espace de coworking jusqu’à 20H.

 

Dans quelle mesure les architectes intègrent ils aujourd’hui cette modularité dans leurs projets ?"